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extrait de editions-arqa.com

 

Depuis toute petite, je dessine, colle, tricote, brode, bidouille.

Un peu plus grande, en élémentaire, je crois, j'ai commencé à gribouiller mes mains, mes bras.

À 14 ans et quelques mois, c'est devenu plus "dangereux"... je suis tombée en fascination pour le tatouage. Et j'ai donc commencé à chercher LE motif - au stylo, au feutre - et LE bout de peau que j'allais orner.

À 17 ans et quelques mois, entre les derniers examens du bac et les résultats, j'ai pris rendez-vous chez un tatoueur des Halles (à Paris...). Je ne peux vous donner ni son nom ni son numéro : l'atelier n'existe plus!

Je vous passe le détail de son appel de confirmation à la maison... ma mère qui répond et qui confirme (devant mes yeux écarquillés et mon coeur qui a frôlé l'arrêt cardiaque tellement il battait vite...)... Oui, oui, oui, ma mère a confirmé mon rendez-vous, farpaitement... et m'a accompagnée... soi-disant pour vérifier l'hygiène et le matos et tout et tout... tu parles, Charles... pour s'assurer que je ne reviendrais pas avec un dragon yakusa dans le dos, surtout oui!

Au lieu d'une encornure de taureau sur les omoplates, je suis donc ressortie avec un dauphin au-dessus de la malléole externe. Tellement petit qu'on m'a souvent demandé si ma sardine était à l'huile...

Bref...

Une dizaine d'années plus tard, le démon me reprend. J'ai recommencé avec mes feutres. Mais cette fois, c'est moi qui ai dessiné le motif. Et cette fois, c'est Rémy, un copain de copain, qui a opéré. Encore un écarquillement d'yeux. Ceux de Rémy, en voyant mon motif... Disons qu'il ne voyait pas le phoenix dans les entrelacs de lettres et de volutes que j'avais créés... 5 heures plus tard, je pouvais m'exclamer : "j'lai dans la peau!"

 

Et depuis, je lutte, non pas jour après jour, il ne faut pas exagérer non plus, mais au moins 2 fois par an pour ne pas succomber à nouveau au péché de chair...

 

J'aime la peau. J'aime MA peau. J'aime ma peau, tatouée. Si ma peau pouvait s'étendre à l'infini je crois que j'aurais différentes sections tatouées. Différentes sections parce que je suis comme Picasso : j'ai mes périodes. Le dauphin parle de ma période "Grand Bleu", le phoenix parle d'un feu intérieur inextinguible. En ce moment, je suis dans ma période guerrière et Saint-Michel m'attire comme un trou noir... je résiste encore... pour combien de temps?

Comme vous le voyez, ces périodes n'ont aucun point commun évident... sauf pour moi, of course! Et concilier, sur un petit corps, un perroquet et Carabosse... Carabosse et des fleurs de pruniers selon la méthode japonaise... ben, c'est loin d'être une sinécure!

J'ai découvert un dérivatif, un exutoire à défaut d'un antidote à mon mal (Baudelaire, sors de ce corps!!!) :

la broderie!

Et là

comme dirait King Julian :

Je vous invite à vous délecter de ma magnificence!"

A priori, rien pour concilier ces deux arts graphiques...

Et bien, à défaut de me tatouer le corps...

je vais tatouer mes créations textiles!!!

 

Attention : je ne parle pas de "décorer" une pièce avec un motif lambda!

 

NON!!!

 

Je parle de tatouer un vêtement : trouver le motif qui exprime mes pensées (tordues, je confesse, et récite 50 paters et 50 ave... je ne suis pas à ça près...), trouver l'endroit signifiant pour coller cette pensée, trouver les couleurs les plus à même de mettre en valeur à la fois le vêtement et la pensée...

Encore une fois, je me fatigue beaucoup l'esprit... Pas en vain! Je suis ainsi tatouée sur un support infini!!! Je peux garder une surface de peau vierge afin de pouvoir la regarder amoureusement...

 

Amis du soir, bonsoir... à vos commentaires!