J'ai visité Verdun et quelques-uns des champs de bataille de l'Est pour la première fois en 2007. C'est, pour moi, l'endroit le plus extraordinaire du monde. Silence. Stigmates. Sillons. Des coquelicots partout. Des champs de coquelicots. À perte de vue.

Une vieille légende raconte que les coquelicots signalent les endroits où sont morts des soldats.

 

Le week-end prochain, j'amène mes enfants à Verdun.

Je mets un point d'honneur à suivre pour le moins, participer quand c'est possible, aux commémorations militaires. Ce n'est pas particulièrement un fait familial. Juste la façon dont je me suis approprié l'Histoire. Pas que l'Histoire de France, non, l'Histoire au sens universel, avec un H majuscule. La Grande Guerre a mêlé tellement de nationalités... Ce sont les hommes, avec un h minuscule que je viens saluer à chaque commémoration. Ce sont les hommes, et les femmes, qui composent ma chair, le sang qui coule dans mes veines : mes grands-parents, mes arrière-grands-parents, mes arrière-arrière-grands-parents. Au-delà, je ne sais pas. La mémoire est courte.

 

J'aurais bien aimé recevoir, avec mes enfants, un "guide de montage" Ikéa pour m'aider à les "monter". Il a dû se perdre dans les entrepôts de la Poste. Puisque je dois donc me débrouiller toute seule, je fais à mon idée.

Les commémorations militaires sont chaque fois l'occasion de faire comprendre à mes enfants l'importance de la tolérance et de l'expression de ses sentiments autrement que par des gestes violents, d'abord en famille (les conflits sont... voyons... comment dire... assez fréquents dans la fratrie), puis avec les amis, puis les gens de notre environnement, pour finir au monde entier, à l'univers, et tout et tout.

Cette année, nous irons donc à Verdun. Parce que l'endroit est exceptionnel. Parce que cette année et les quatre à venir sont  exceptionnelles. Rien de tel que l'expérience pour incorporer des notions, des valeurs.